Une veritable association pour défendre nos intérêts

Les choix de société et les rapports de force entre les différents acteurs politiques et d’affaires sont déterminés non seulement par les “décideurs officiels”, c’est à dire les politiciens, mais aussi et surtout par les médias, les corporations, les associations et syndicats, les “think tanks“, les lobbyistes, etc.

Des contrepouvoirs transparents…signe d’une démocratie en santé

Tant que tous ces joueurs agissent à la lumière du soleil, il demeure possible de pointer le doigt vers ceux qui ont engendré ou facilité les décisions. Cependant le problème est que plusieurs joueurs trichent, et lancent des pierres tout en cachant leurs mains.

Les lobbyistes de métier par exemple, mercenaires qui travaillent pour le plus offrant sans  considération morale ou même idéologique, abhorrent la transparence (au delà de tout discours public qu’ils peuvent tenir) car agir dans l’obscurité leur permet d’éviter que ceux qui ont le plus à perdre de leurs manipulations de couloir puissent prendre des mesures pour éviter le fait accompli.

En ce qui a trait aux politiciens, ils ont désormais abdiqué leur vrais pouvoirs, et agissent dans la pratique comme la cheville ouvrière de ceux qui financent leur parti. Ceci ne les empêche pas de rejeter systématiquement les responsabilités qui sont les leurs, et ont souvent même le culot de faire la morale aux autres, dont leurs anciens acolytes.

Il n’y a qu’à écouter les affirmations de l’ex-première ministre Nathalie Normandeau (du PLQ) il y a quelques jours à la commission Charbonneau, pour comprendre que nous, les ingénieurs, avons payé le prix pour ne pas avoir eu de voix qui parlait en notre faveur, voire même avoir eu des présidents de l’OIQ  (et ensuite candidats aux élections provinciales avec la CAQ et avec le  PQ) qui parlaient en notre défaveur!

Qui pourrait défendre nos intérêts?

Ce n’est absolument pas normal que des bénévoles ont dû investir un temps considérable pour dénoncer les agissement de l’establishment de l’OIQ des dernières années, pour introduire la distinction entre l‘infime minorité de pourris et l’immense majorité des ingenieurs professionnels et honnêtes, ainsi que pour remettre dans le juste contexte le concept de “protection du public” désormais galvaudé, parce que utilisé à toutes les sauces pour justifier l’indéfendable.

Plusieurs catégories socioprofessionnelles, dont notamment les médecins et les infirmières, se sont dotées d’associations qui interviennent publiquement en faveur de leurs membres. Les avocats, eux, ont choisi une approche différente: Ils ont noyauté l’assemblée nationale et les conseils d’administration des grandes entreprises, ce qui fait que toute décision allant contre leurs intérêts est bloquée systématiquement.

Et nous les ingénieurs? C’est un fait que depuis 2011 aucune organisation n’a levé le petit doigt pour rappeler au public, aux médias et aux décideurs, que les ingénieurs constituent la catégorie socioprofessionnelle la plus importante pour l’économie et l’évolution technologique au Québec. Réfléchissons deux minutes: Que serait Hydro-Québec sans ses ingénieurs ? Et Bombardier ? Et Alcan ? Et les milliers de PMEs technologiques qui exportent partout dans le monde? Ce sont les ingénieurs à l’origine de leur succès, ou bien d’autres professionnels ? Poser la question c’est y répondre…et pourtant, lorsqu’il est question de mettre le pied à terre et nous assurer que notre contribution soit reconnue à sa juste valeur, il n’y a personne pour prendre le flambeau!

On peut comprendre que l‘Association des ingénieurs conseils (AICQ) ne nous représente pas, car elle ne représente que les intérêts des actionnaires des grandes firmes de génie conseil et certainement pas ceux des ingénieurs travaillant pour elles, et encore moins ceux des ingénieurs ordinaires.

On comprend un peu moins le Réseau des ingénieurs du Québec, qui, financé par les redevances de ses partenaires sur les services fournis aux ingénieurs, ainsi que par les cours de formation continue payés par les ingénieurs, n’a pas levé le petit doigt en notre faveur depuis belle lurette.  Encore, faut-il dire, il a été dans les mains d’un lobbyiste en 2012 et 2013 et a abandonné toute velléité de défendre nos intérêts collectifs. Voici deux indices qui ne mentent pas:

  • l’organisation s’est bien gardée de prendre position lors de l’AGE,
  • la direction générale est assumée par une non-ingénieure.

Conclusion

Il est grand temps de monter une véritable association qui défende nos intérêts de façon transparente mais musclée. Pour cette raison j’ai remis sur pied une organisation appelée “Association des ingénieurs du Québec” qui existe depuis 1977.

Tous ceux qui souhaitent me donner un coup de main pour transformer ce projet en succès sont les bienvenus pour communiquer avec moi au gindelicato@yahoo.ca .