Soyons constructifs!

Depuis quelques mois déjà j’entends bon nombre de collègues ingénieurs qui expriment ouvertement leur mécontentement vis-à-vis des organisations qui nous regroupent. En particulier, ils se plaignent du fait que ces organisations n’accomplissent pas adéquatement leurs mandats, et notamment la protection du public (et par ricochet la réputation de la profession) pour ce qui a trait à l’OIQ, et la défense des intérêts des ingénieurs pour le RéseauIQ.

Dans le cas de l’OIQ la grogne est particulièrement aigüe, aussi pour une autre raison: les coûts associés au membership ont augmenté de façon dramatique au cours des dernières années, ce qui fait qu’ils y a de moins en moins d’ingénieurs qu’y trouvent leur compte. Pour ce qui est du ReseauIQ, ils se consolent en pensant qu’en être membres ça ne leur coûte rien, et donc leur réaction est de s’en désintéresser complètement.

Que les ingénieurs soient franchement déçus c’est normal. Le problème est qu’à force de persévérer dans la mauvaise direction, ces organisations sont en train de trainer la profession dans un cercle vicieux aux dommages grandissants et permanents. Le plus l’OIQ invente de nouveaux règlements et de nouveaux frais pour satisfaire son formidable appétit de revenus, le plus ceux qui n’ont pas absolument besoin de leur titre dans le cadre de leur travail décident de ne pas renouveler leur adhésion annuelle, et, de ce fait ils délaissent la profession. Il reste par conséquent toujours moins de membres pour assumer une nouvelle ronde de règlements tatillons et frais associés. Dans un tel contexte, espérer que les dirigeants de l’OIQ voient enfin la lumière relève du vœux pieux, surtout en considérant le fait que la tentative faite en toute humilité par plusieurs anciens hauts responsables de l’Ordre de sensibiliser le président et lui suggérer des solutions réalistes permettant de sortir de l’impasse actuelle n’a donné aucun résultat tangible.

Quoi faire alors?

Abandonner le bateau si l’on peut, comme tant d’autres? Subir en silence si l’on n’a pas le choix? NON! Il existe une alternative: Elle consiste à se prendre en main et reprendre le contrôle de nos organisations. Il faut changer le système de l’intérieur: Tout lâcher ça ne sert à rien et tout casser non plus.

Plus facile à dire qu’à faire, direz-vous. C’est vrai, nous ne disposons pas de budget de relations publiques, nous ne disposons pas d’avocats grassement payés, nous ne disposons pas de base de données, nous n’avons pas de ressources à temps plein, mais nous sommes des ingénieurs après tout!

La logique, l’intégrité et l’efficacité sont notre marque de commerce: Il n’y a pas de système établi à notre épreuve si nous agissons de façon concertée et solidaire, et que nous proposons des solutions intelligentes, simples, économiques et surtout à l’avantage de la société toute entière. Or, l’image de l’OIQ est ternie non seulement parce qu’il n’a pas vu à temps tous les phénomènes de collusion et de corruption, mais aussi parce qu’il n’a su proposer depuis que des solutions chères, complexes et inefficaces, perçues par:

  • La population comme étant incohérentes, arrogantes et à l’avantage des grandes firmes,
  • Les ingénieurs ordinaires comme étant bureaucratiques, lourdes et coûteuses pour les individus ingénieurs, inefficaces, et surtout à l’avantage exclusif de la petite élite au sommet de l’OIQ.

Par ailleurs, l’expression “protection du public” a tellement été diluée par toutes les activités et initiatives que l’OIQ a entrepris qui n’ont rien à voir avec sa mission, que personne ne comprend plus ce que ça veut dire. Ce n’est que lorsque l’OIQ va se recentrer à faire ce qu’il doit faire, soit de s’assurer de la compétence et de l’intégrité de chacun de ses membres individuellement, et élaguera les projets pharaoniques qui consomment inutilement temps et ressources considérables, qu’il deviendra de nouveau pertinent et crédible.

Enfin,  sonder et consulter les ingénieurs pour proposer des solutions technologiques au niveau de la société devrait normalement être le travail du ReseauIQ. Cependant c’est un fait que, pour l’instant du moins, il ne le fait pas. La responsabilité de ce faire retombe donc sur nous, les ingénieurs individuels.

Soyons constructifs: Je vous lance un défi

Formons un collectif d’ingénieurs qui débattent sur les groupes de discussion de solutions à différentes problématiques sociétales concernant le génie et qui ensuite produisent et signent des mémoires. Le groupe de discussion “débats ingénieurs et scientifiques” est celui qui est le plus spécialisé, mais les discussions peuvent aussi avoir lieu sur d`autres groupes pertinents. La synthèse pourra ensuite être faite par quelques bénévoles, dont moi-même.

Contactez-moi au gindelicato@yahoo.ca si vous souhaitez faire partie officiellement du collectif voire même des rédacteurs de mémoires.

Voici un premier sujet

Présentement il y a beaucoup de discussions concernant le projet de loi 61 `Loi visant principalement le recouvrement de sommes payées injustement par des organismes publics relativement à certains contrats dans l’industrie de la construction`, et la question se pose à savoir comment investir certaines sommes qui seraient récupérées suite à l’exercice. L’Ordre a bien évidemment proposé une approche éminemment bureaucratique, consistant à créer un `Institut indépendant sur l’intégrité`, en espérant manifestement réussir à placer deux ou trois pions dans son conseil, en plus d’embaucher quelques employés payés avec notre argent pour pontifier sur le sujet.

Moi je pense plutôt que s’il restait de l’argent après que les municipalités et ministères auraient été entièrement remboursés, il faudrait plutôt partir un programme pour faciliter et éventuellement financer des scissions (‘spin-off’) dans les firmes de génie-conseil. En créant de toutes nouvelles firmes ayant à leur sommet des ingénieurs intégrés n’ayant jamais trempé dans la collusion ou la corruption, on pourrait introduire dans le financement des conditions par lesquelles les personnes ayant agi de façon douteuse par le passé ne seraient pas en mesure d’occuper un quelconque poste de responsabilité, on découragerait l’acquisition des firmes québécoises existantes par des capitaux étrangers et l’expertise des ingénieurs ayant travaillé dans les grandes firmes ne serait pas perdue. Présentement j’ai comme l’impression que les lobbys sont en train gagner et reprendre le contrôle de la situation

Joyeux Noël et bonne année productive et riche en solutions 2014!