Nous vous écrivons, monsieur le président

Pour ceux à qui cela intéresse, voici la lettre qui été envoyée par d’anciens haut responsables de l’Ordre des ingénieurs du Québec au président actuel de l’OIQ, Monsieur Daniel Lebel, ing.

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Monsieur le président,.

À la lumière des évènements qui ont eu lieu lors de dernière assemblée générale des membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec, et notamment le vote à l’effet de refuser la proposition d’augmenter la cotisation de 32%, nous estimons que le conseil d’administration doit poser des gestes forts afin de sécuriser le public, tout en faisant en sorte de résorber le profond malaise qui existe présentement au sein de la profession.

Dans cet esprit, nous vous suggèrerons d’entreprendre au plus vite possible les actions prioritaires suivantes :

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Augmenter substantiellement le ressources dédiées aux enquêtes sur la collusion et la corruption. Le public, à raison, trouve inacceptable le fait que, plus de quatre ans après les premières révélations à l’effet qu’il y avait de la collusion et de la corruption dans le monde du génie-conseil, aucune enquête de l’OIQ sur les ingénieurs impliqués n’ait encore abouti. Il y a donc lieu de recentrer les priorités sur la mission que le législateur a confiée à l’OIQ, la protection du public. Le bureau du syndic doit donc désormais pouvoir disposer de toutes les ressources nécessaires pour pouvoir accélérer les enquêtes, et ce, tout en respectant la volonté des membres réunis en assemblée générale le 13 juin 2013 de ne pas augmenter la cotisation.

Heureusement, les budgets des activités non-reliées à la mission (administration-finances, informatique, communication et affaires publiques, valorisation de la profession, ainsi qu’une bonne partie des frais juridiques) constituent présentement la grande majorité des dépenses, et il est donc tout à fait possible de dégager à même ces budgets les fonds nécessaires dont le bureau du syndic a besoin. De plus, étant donné que le nombre d’employés et contractuels a pratiquement doublé au cours des sept (7) dernières années, alors que le nombre de membres a augmenté dans une proportion bien moindre (environ 30%), nous estimons qu’il y aussi beaucoup de place pour rendre l’organisation significativement plus efficace et productive.

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Prendre les mesures nécessaires pour arrêter l’érosion du membership . Comme mentionné dans le communiqué de l’OIQ du 14 juin 2013, l’érosion du membership découlant de l’introduction de la formation continue obligatoire cause des pertes de revenus très importantes. Ces pertes vont d’ailleurs aller en s’accélérant si rien n’est fait. Or, les ingénieurs ne sont certainement pas contre le principe de garder leur connaissances à jour, mais plutôt, comme a si bien dit un intervenant à l’assemblée générale, sont hérissés et déçus d’avoir été « jetés en pâture » aux organismes de formation qui facturent plusieurs centaines de dollars par jour. De plus, l’introduction d’autres règlements n’ayant aucune justification du point de vue de la protection du public joue aussi un rôle loin d’être négligeable dans ce phénomène.

Au point où ça en est, la seule option qui permettra à l’Ordre de sortir de l’impasse et stopper l’hémorragie, et peut-être même de ramener au bercail bon nombre des membres qui ont quitté récemment, est de trouver à très court terme (quelques semaines tout au plus) des solutions réalistes permettant aux ingénieurs de suivre des formations dont les coûts seraient davantage en ligne avec leurs revenus, ou encore de suspendre provisoirement l’application du règlement.

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Introduire davantage de transparence et de rigueur dans la gestion des relations avec le public et avec les membres. Le programme de certification volontaire des firmes de génie-conseil est perçu comme étant une bonne idée. Cependant, pour que ce programme soit crédible dans l’esprit du public et des ingénieurs, le registre des démarches effectuées par chaque firme pour obtenir son certificat doit être public.

Par ailleurs, il est évident que les firmes doivent assumer tous les coûts du programme, incluant aussi et surtout les coûts de démarrage du projet.

Il faut aussi tenir compte du fait que la Commission Charbonneau, à la fin de ses travaux, produira des recommandations, et il faut par conséquent que le programme soit conçu de façon suffisamment flexible pour que ses recommandations puissent y être aisément intégrées.

Enfin, il faudra aussi que le programme ne fasse pas double emploi avec les activités de
l’Autorité des marchés financiers (AMF).

En ce qui a trait aux membres, l’OIQ doit redevenir convivial et transparent, car, au cours des dernières années, les irritants vis-a-vis des membres sont devenus de plus en plus nombreux. On peut entre autres mentionner l’introduction de règlements sans réel lien avec la protection du public, le fait que plusieurs résolutions des assemblées générales des dernières années ont été carrément ignorées par le conseil, le manque d’informations importantes dans le dernier rapport annuel, la façon cavalière dont les sections régionales ont été dissoutes, ainsi que la tenue à Levis en semaine de la dernière assemblée générale, de sorte que bon nombre de participants ont perdu une journée de travail et ont dû conduire plusieurs heures pour y assister.

Comme vous pouvez le constater, et contrairement à la campagne publicitaire que l’OIQ fait dans les médias, toutes ces actions sont à coût nul. De plus, elles sont réalistes et réalisables à court terme, et leur mise en œuvre montrerait vraiment au public et aux ingénieurs que l’Ordre prend la situation au sérieux.

En attendant de vos nouvelles et en vous priant d’accepter l’expression de notre plus haute
considération,

Gaetan Lefebvre, ing. président OIQ 2002-2005, vice-président OIQ 2000-2002
Giuseppe Indelicato, ing. vice-président OIQ 2000-2001 et 2002-2003
Jean-Marie Mathieu, ing. vice-président OIQ 2003-2006
Francois P. Granger, ing. vice-président OIQ 2004-2005
Daniel Latendresse, ing. président de la section régionale Plein Sud 2011-2013
Francois Rheault, ing. président section régionale de Québec 2009-2013

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CC : Bertrand St-Arnaud, Ministre de la justice et Ministre responsable de l’application des
lois professionnelles
Jean-Paul Dutrisac, président Office des professions

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La réponse de M. Daniel Lebel, ing., actuel président de l’OIQ