Les règlements électoraux du ReseauIQ sont-ils violés?

En visitant le groupe de discussion Linkedin du ReseauIQ et en faisant une petite recherche sur Twitter, j’ai remarqué des interventions de l’actuelle présidente du RéseauIQ, interventions qui me  font penser que les règlements du RéseauIQ seraient présentement violés. Voyons ce que ces règlements disent au sujet de la publicité électorale:

4.5.3 Publicité électorale
Un membre ne peut utiliser le sceau, les armoiries, le logo et les véhicules de communication de la Corporation à des fins de publicité ou de propagande électorale, ou utiliser tout moyen susceptible de laisser croire que la Corporation favorise un candidat au poste d’administrateur.
Règlement #7, 2004
Nonobstant le premier paragraphe du présent article 4.5.3, tout candidat peut utiliser, conformément aux règles applicables en vertu du présent règlement et aux autres règles applicables, les forums de discussion que la Corporation rend disponible sur Internet pour faire connaitre et discuter de sa candidature et de ses objectifs.
Par ailleurs, nonobstant le premier paragraphe du présent article 4.5.3, la Corporation peut, au nom des
candidats, transmettre par voie électronique une communication à fin électorale aux membres

 

Or, si le titre des deux interventions sur Linkedin et sur Twitter est relativement anodin: Mot de la présidente: ”donnez du poids à vos opinion, votez en grand nombre!”, une analyse un tantinet peu plus attentive démontre que la présidente est aussi candidate à ces élections!

Puisque son message est fait au nom du RéseauIQ, en se servant des moyens de communication et en utilisant le logo de l’organisation,  il y a manifestement confusion entre entre ses fonctions de présidente et son état de candidate, ainsi qu’entre sa personne et la corporation. De plus, de la part d’une personne qui se vante d’être une administratrice de sociétés certifiée, avec, en plus, un certificat en gouvernance de sociétés de l’université Laval, il me semble que l’on pourrait s’attendre à mieux! Enfin, si l’intention avait vraiment été d’encourager les ingénieurs à voter, il n’était nullement nécessaire de citer la présidente: Un message générique du genre “Le RéseauIQ vous rappelle de voter” aurait largement suffi, d’autant plus qu’en période électorale celui qui doit faire des annonces de cette nature est le président du comité de surveillance des élections et certainement pas la présidente-candidate.

Je sais que certains diront que j’interprète le règlement de façon trop restrictive, notamment en insistant sur le fait que l’intervention de la présidente au nom du RéseauIQ ne dit pas ouvertement pour qui voter, et que de toute façon cette ambigüité serait inévitable à chaque fois qu’un candidat administrateur occupe aussi des fonctions de président. Cependant ces arguments ne sont nullement convaincants, car rien n’empêchait la présidente d’intervenir en son nom personnel dans les groupes de discussion de Linkedin et sur Twitter, sans se servir du logo et sans s’afficher au nom de l’organisation. Par ailleurs, ce genre de situation peut aussi être  gérée en déléguant la rédaction de l’éditorial à un administrateur qui n’est pas en élection.

Mais il y a plus grave.

L’intervention de la présidente comporte aussi un lien vers l’éditorial qu’elle a mis en ligne avant l’ouverture de la période électorale. Que dit cet éditorial? Grosso modo la présidente fait l’apologie d’elle même ainsi que de son prédécesseur, et, de plus, elle manifeste sa volonté de menotter le prochain conseil qui entrera en fonction juste après la prochaine assemblée générale du 28 novembre, en essayant de l’attacher à un document non public (la planification stratégique) que bon nombre d’administrateurs qui entreront en fonction n’auront même pas vu (et encore moins approuvé). Certains candidats, à juste litre, n’apprécient pas (lire les commentaires en dessous de l’intervention). Pas très démocratique, n’est-ce pas?

Une dernière remarque: L’ancien président, qui par ailleurs se présente toujours comme président, et est aujourd’hui directeur général par intérim, ne s’est pas gêné, lui non plus, pour propager le message électoral de la présidente en se servant des moyens de communications et du logo du RéseauIQ (voir où mène le lien). Et pourtant, il devrait savoir qu’il est soumis à la même obligation de discrétion qui s’applique à tous les employés….qu’attend la présidente pour le réprimander?

Bref, il y a bien assez d’éléments pour que le comité de surveillance des élections assume ses responsabilités. En fait, ce comité a déjà démontré au cours de ces élections d’être capable de prendre des mesures très musclées vis-à-vis d’un candidat qui ne respectait pas à la lettre un règlement. À moins de vouloir appliquer deux poids et deux mesures, il se doit donc maintenant  d’agir avec la même sévérité vis-à-vis de la candidate qui occupe présentement le poste de présidente.