Les grands syndicats

La FTQ en particulier est dans une position extrêmement particulièrement délicate, et cela pour plusieurs raisons :

  • Le domaine de la construction représente son deuxième domaine d’affaires après la fonction publique. Or, le plus la Commission Charbonneau fouille, le plus les liens de certains de ses dirigeants avec certains personnages connus (Accurso) avec qui le fonds de solidarité a fait des “affaires” peuvent refaire rapidement surface dans les médias. De plus, son historique ancien et récent ne l’incite certainement pas à lever le ton de voix (Commission Cliche, débat sur le placement syndical). Enfin, il est certain que le ralentissement et la baisse de revenus dans le secteur que l’incertitude actuelle crée affecte considérablement son membership et par ricochet ses revenus de cotisations.
  • Sa philosophie est d’être le plus proche possible du pouvoir politique et économique. Un exemple récent de la mentalité de certains de ses dirigeants est la montée fulgurante dans le PLQ, récemment interrompue, de Raymond Bachand, ancien PDG du fonds de solidarité de la FTQ et aussi, soit dit en passant, ancien contributeur à la caisse du PQ jusqu’en 2003 et ancien secrétaire particulier de René Levesque.
  • Le fonds de solidarité de la FTQ a atteint un taille telle (9.3 milliards de dollars) que les décisions des dirigeants ne peuvent faire abstraction des impacts de leurs décisions sur la santé du fonds. Or, s’il est  vrai que la FTQ a un grand pouvoir d’influence sur de nombreuses décisions politiques et économiques, l’inverse est aussi vrai, ce qui fait que son rôle devient de plus en plus confus, non seulement vis-à -vis de la population, mais aussi de ses propres membres.

En ce qui a trait à la CSN, elle a pour philosophie de se placer en position d’antagoniste avec le pouvoir politique et économique, ce qui fait qu’elle a beaucoup moins frayé avec les politiciens et avec les financiers. Elle est donc moins à risque en termes d’image, du moins vis-à-vis de ses membres.

Pour ce qui est de son fonds d’investissement (Fondaction), il est certain qu’il constitue, lui aussi, un élément d’ambigüité. Cependant, il est considérablement plus petit que celui de la FTQ (environ 1 milliard de dollars), et il n’est donc pas aussi central dans les décisions prises par l’exécutif. Cela étant dit, même la CSN sait très bien que si pour une quelconque raison la commission Charbonneau devait la scruter à la loupe, le moindre dérapage commis par un syndicat affilié, même inconnu de l’exécutif central, serait probablement immédiatement monté en épingle dans les médias.  Les propriétaires des grands médias au Québec n’aiment pas particulièrement la CSN …

Par conséquent, le fait que les médias concentrent présentement leur attention sur les ingénieurs est vu par les grands syndicats comme une bénédiction: tant que cela dure, cela leur permet de passer presque incognito à travers la tempête, et ce, à  coût politique pratiquement nul, puisque la proportion d’ingénieurs dans leur membership est infime.

_____________________________________________________________________________________________

Aller aux grandes firmes de consultants

Revenir aux grands médias “mainstream”

Revenir au texte principal, les filous et les naïfs