Le ReseauIQ fait-il l’objet d’acharnement thérapeutique?

Presque tous les candidats aux élections au RéseauIQ semblent croire que les difficultés du RéseauIQ seraient de nature transitoire et qu’il serait possible de les régler. En tant que fondateur principal de l’organisation, ancien président et ancien directeur général j’aimerais que cela corresponde à la réalité… mais c’est juste un mythe.

Dans la vraie vie les phénix ne renaissent pas de leur cendres

En regardant l’historique des surplus nets et des réserves, déduit des rapports annuels, et en considérant que l’impact des décisions de gestion se répercute avec un délai de six mois à un an sur les résultats, on comprend que:

  • pendant les années 2004-2006 l’organisation allait très bien, et ce fut pendant cette période qu’elle a mis de coté les réserves qui lui ont permis de survivre au cours des années successives, jusqu’à aujourd’hui. Ce fut pendant ces années aussi que l’organisation a joui d’une relation d’égal à égal avec l’OIQ et avec ses autres partenaires.
  • entre 2007 et 2009, ce fut une réelle descente aux enfers, passant d’un surplus de 871_k$ à un déficit de 719 k$, en raison, il faut le dire,  de la gestion catastrophique du président de l’époque, Étienne Couture. Ce fut pendant ces années notamment que le ReseauIQ a perdu son partenariat avec la Banque Nationale et a versé 1.6 M$ à l’OIQ sans contrepartie équivalente. Mais le plus grave a été que les autres partenaires, dont l’OIQ, arrêtèrent de considérer le ReseauIQ comme un partenaire sérieux.
  • en 2010 et 2011 , l’organisation a commencé à se reprendre, et a réussi à rebâtir sa crédibilité vis à vis de l’OIQ et des autres partenaires, mais les pertes dues aux décisions prises entre 2007 et 2009  ont rendu la situation financière très précaire.

Avec le retour d’Etienne Couture comme président en novembre 2011, l’organisation a ”de facto” entièrement renoncé au volet de défense des intérêts des ingénieurs. De plus, en raison de sa gestion inqualifiable, et malgré le pic transitoire de  revenus découlant de l’introduction de la formation continue obligatoire, il n’a pas reconstitué les réserves financières. Par ailleurs, les gestes qu’il a posés à l’interne, et que ses successeurs ont entériné ou n’ont pas remis en question, ont fait que l’expertise péniblement accumulée au sein de l’organisation au cours des années a été carrément jetée aux poubelles. Aujourd’hui tous les employés clés dévoués et compétents sont partis, ou sont écœurés et découragés.

Enfin, et cela est vraiment la pire chose, l’organisation vit une crise éthique caractérisée par:

  • un manque de transparence (procès verbaux du CA secrets, introduction d’un code de conduite des administrateurs pour museler les administrateurs légitimement élus par les membres mais dissidents par rapport à l’establishment, utilisation de deux poids et deux mesures vis-à-vis des candidats aux élections, etc.),
  • des dépenses voluptuaires (entre 2011 et 2013 les honoraires professionnels sont passés de 604 k$ à 1.058 k$, les frais généraux de 221 k$ à 334 k$,  les jetons de présence de 99 k$ à 130 k$)

Etienne Couture, qui a possiblement été encouragé et alimenté par l’ancien establishment de l’OIQ, ne siège plus au conseil. Cependant, plusieurs administrateurs qui l’ont suivi et appuyé dans toutes les décisions qu’il a prises, y siègent encore, et plusieurs candidats aux élections de cette année. dont notammentLouis Cloutier et Michelle Raymond, qui ont été ses complices indéfectibles, se présentent encore cette année.  Par ailleurs, on constate qu’un an après le départ d’Étienne Couture, même les administrateurs ne faisant pas du partie de son entourage ont manqué de courage pour donner le coup de barre nécessaire lorsque c’était le temps.

Le RéseauIQ peut-il parler au nom des ingénieurs? Soyons sérieux…

Pendant la période la plus critique vécue par la profession dans les dernières décennies, caractérisée par le maelstrom de la commission Charbonneau, par les gestes impromptus de l’ancien establishment de l’OIQ qui ont rendu le coût d’être ingénieur prohibitif, et par une perte presque totale du sentiment de fierté et d’appartenance à la profession, le ReseauIQ a été silencieux.

Par conséquent,  la crédibilité du RéseauIQ pour parler en public en faveur des ingénieurs est désormais parfaitement nulle.

En fait, si  il y a aujourd’hui de l’espoir qu’il y ait de la lumière au bout du tunnel, c’est grâce aux bénévoles qui, à partir du forum non censurédébats ingénieurs et scientifiques“, ont eu le courage et la force de défendre la réputation et le statut des ingénieurs.

Que peut-il faire alors ?

La réponse longue et la réponse courte est: “Essayer de survivre“.

Puisque aujourd’hui la culture du RéseauIQ est irrémédiablement compromise, autant vaut qu’au moins elle essaye de faire un peu mieux ce qu’elle a fait au cours des deux dernières années: fournir des services commerciaux aux membres, un peu comme un Wal-Mart ou, au mieux, un Costco pour ingénieurs. En fait cela se résume à:

  • être la cheville ouvrière du département de marketing de la compagnie d’assurances La Personnelle,
  • à gérer la décroissance du département de formation,

et

  • à publier des annonces d’emploi.

Par ailleurs, les fonds disponibles pour réaliser un quelconque projet additionnel ne sont tout simplement pas là. Au 31 août 2013, les réserves moins les fonds grevés d’affectation interne (le montant minimum requis pour liquider l’organisation comprenant les primes de séparation des employés, le paiement des sous-traitants, le coût de casser le bail, etc.) étaient en bas de 1 M$.

Or, les états financiers au 31 août 2014 ne sont pas encore sortis, mais c’est un secret de Polichinelle que le déficit d’opération est de plusieurs centaines de milliers de dollars et que la seule chose qui fera paraître les chiffres moins mauvais est le revenu extraordinaire découlant de la victoire en arbitrage du RéseauIQ contre l’OIQ dans le dossier des redevances sur l’assurance-médicaments. Au cours de l’année 2014-2015 ce dernier revenu n’y sera plus, et à moins de sabrer brutalement dans les dépenses, la situation financière ne pourra qu’empirer.

Par ailleurs, il est loin d’être certain que les revenus pourront se maintenir, d’autant plus que la tendance est à la diminution des prix des formations et que les partenaires commerciaux connaissent parfaitement la situation de faiblesse actuelle du RéseauIQ et seront sans doute tentés de négocier les renouvellements des ententes à la baisse, autant en termes de conditions pour les ingénieurs qu’en termes de redevances pour l’organisation.

Dégraissage nécessaire

Même avec une telle mission réduite comme une peau de chagrin, il est loin d’être certain que le ReseauIQ pourra survivre. En fait, le seul scenario qui permettrait à l’organisation d’inverser la tendance serait une prise de conscience à l’effet qu’il n’est nullement nécessaire d’avoir:

  • un conseil d’administration de onze (11) administrateurs (!) qui brûlent 130,000 $ en jetons de presence par année, et de plus se gargarisent avec le mot “gouvernance“, alors qu’il est manifeste à tout ceux qui voient cela de l’extérieur de quelle est la véritable qualité de la gestion de l’organisation…,
  • des fournisseurs de services comme ENIGMA Communications, Phillion Leblanc Beaudry et Borden Ladner Gervais qui chargent des fortunes (à raison même de centaines de dollars de l’heure pour les firmes d’avocats) pour satisfaire les lubies de certains administrateurs, ou pour justifier leurs gestes odieux et empêcher qu’ils soient punis comme il se devrait.

Conclusion

Juste un conseil d’administration de cinq personnes bénévoles se réunissant quatre fois par année, et cinq ou six employés compétents et dévoués dirigés par un ingénieur responsable, seraient suffisants pour accomplir la tâche; dans la mesure, bien sur, où les administrateurs laisseraient œuvrer les employés dans la tranquillité, sans fouiner dans leur travail une fois les grandes lignes établies.