L’incroyable confusion des rôles à l’OIQ

Suite à l’annonce fortement médiatisée de la candidature de Daniel Lebel dans Drummond-Bois-Francs, la grogne des ingénieurs envers l’actuelle direction a soudainement, et involontairement, fait son irruption dans la politique provinciale. L’article de Sylvain Laroque dans la Presse, ainsi que l’article de Lisa-Marie Gervais dans Le Devoir reflètent fidèlement l’étendue du problème.

Ce qui ressort cependant du deuxième article est que le directeur général, M. André Rainville représente probablement un problème encore plus grand pour l’OIQ, et pour les ingénieurs, que Daniel Lebel lui-même. Il a notamment affirmé  quil soupçonne le « petit groupe d’ingénieurs » derrière les sept projets de résolution de l’assemblée du 6 mai de vouloir un « relâch[ement de] certains contrôles pour la protection du public ». Or, selon lui, l’Ordre n’a pas le choix de se donner les moyens pour relever les défis qu’il a à affronter. « On a demandé une commission d’enquête pour faire ressortir les problèmes et maintenant que ces problèmes-là sont mis au jour, nous, on est en mode d’une part de sanctionner ceux qui auraient pu en être à l’origine, et d’autre part de trouver des solutions à la crise.» Rien de moins! Et ce n’est pas sa première sortie désobligeante vis-à-vis des ingénieurs!

OBLIGATION DE RÉSERVE

M. Rainville est directeur général et non pas un élu. Son rôle est de donc mettre en pratique les résolutions du conseil d’administration et de superviser les employés. Cependant les affectations de directeur général de l’OIQ n’incluent pas le rôle de porte-parole, car un tel rôle ne peut être légitimement être accompli que par un élu.

Or, je ne peux pas croire qu’une personne d’expérience comme M. Rainville ne sait pas que, si de par la situation, il est forcé de prendre le micro, son devoir de réserve l’oblige à se limiter à donner de l’information neutre.

Au contraire, ses affirmations sont hautement condescendantes, voire même insultantes, vis-à-vis d’au moins 548 membres (les signataires de la demande l’assemblée générale extraordinaire). Il descend donc dans l’arène en étant parfaitement conscient de le faire.

SES AFFIRMATIONS SONT PLUS QUE DISCUTABLES

En premier lieu, aucune des sept résolutions n’a pour objectif, ni même pour effet, un quelconque relâchement d’un quelconque contrôle de protection du public. Leurs objectifs sont plutôt de:

LA CONTRIBUTION DE L’ORDRE À LA CRÉATION DE LA COMMISSION CHARBONNEAU A ÉTÉ MINIME

L’affirmation de M. Rainville porte à croire que l’Ordre des ingénieurs a été au coeur de la creation de la Commission Charbonneau. En fait, de nombreux autres organismes ont eu une influence bien  plus importante sur la mise sur pied de la Commission. Par exemple le Réseau des ingénieurs du Québec, dont à l’époque le président était M. François P. Granger et moi-même le directeur général, avait diffusé les résultats d’un sondage effectué auprès des ingenieurs en février 2010, qui avait eu un impact médiatique considérable.

LES RÉSULTATS SONT PATHÉTIQUES

Presque cinq ans après l’apparition d’allégations quasi-quotidiennes de collusion et corruption dans les médias, l’OIQ vante un nombre d’enquêtes considérable, mais en termes de condamnations et de radiations il n’y qu’un seul cas qui a abouti!

N’en déplaise à M. Rainville, les ingénieurs signataires de la demande d’assemblée générale extraordinaire ont des récriminations plus que justifiées!