Les ténors de l’OIQ paniquent-ils?

Au cours des dernières semaines l’OIQ a effectué un virage de 180 degrés dans ses communications: Après avoir tenu pendant longtemps une discours aseptisé à l’effet que tout était sous contrôle, sauf peut être quelques petits détails, ils tiennent maintenant un discours alarmiste: Le 29 mai ils parlent carrément  d’une “crise sans précédent“. Tiens..tiens..

Puis il y a le message vidéo du président du 4 juin 2013 qui met l’accent sur le fait que tous les ingénieurs  doivent soutenir l’initiative d’implanter le programme volontaire de certification des firmes de génie-conseil. En fait, le choix des mots, et notamment la phrase à l’effet que le firmes de génie conseil seront “invitées” à se soumettre à certaines règles, fait croire que l’OIQ aurait un quelconque pouvoir sur les firmes, alors qu’il n’en est rien.

Si on réfléchit un peu d’ailleurs, on se demande pourquoi l’Ordre des ingénieurs aurait-il besoin de davantage de pouvoirs, alors qu’avec tous ceux qu’il a déjà il n’a pas été capable de sanctionner que deux ingénieurs pour activités de collusion et corruption, et encore pour des charges relativement mineures.

Fait amusant, dans le message on indique de vouloir de gérer la situation de façon “transparente“. Mmmm..pourquoi est-il nécessaire de le mentionner? L’Ordre n’était-il pas transparent avant? Et puis, les personnes en charge ne sont-elles en bonne partie les mêmes depuis plusieurs années?

Le 6 juin tout devient clair: On voit dans le cahier de travail de l’assemblée générale, mis en ligne sans tambour ni trompette, que l’augmentation proposée de la cotisation est de 100 $ plus taxes, ce qui porterait la cotisation totale à 540.72 $.

Le dévoilement à grande échelle de cette nouvelle dans les réseaux sociaux a mis l’establishment de l’OIQ dans une situation angoissante. En tenant l’assemblée à Levis, et donc bien en dehors de Montréal, ils pouvaient raisonnablement penser que peu d’ingénieurs auraient été présents sur place, et qu’une bonne partie de ceux-là auraient été ceux qu’ils auraient choisis et invités. Aujourd’hui, 11 juin, un article dans la Presse et un article dans les Affaires viennent de paraitre sur le sujet. Si le but était d’éviter que la nouvelle se répande trop, c’est raté!

Par ailleurs, aujourd’hui même, il semblerait que le président de l’OIQ aurait fait un appel plein d’émotion à un évènement de l’AICQ (Association des ingénieurs conseil du Québec – l’association des firme de génie-conseil) pour qu’un maximum d’ingénieurs présents viennent soutenir l’augmentation de la cotisation à l’assemblée générale de l’OIQ ce jeudi. Ce message a été probablement bien reçu par les patrons des firmes de génie-conseil qui sont sur la sellette à la Commission Charbonneau : En effet,  mieux vaut pour eux un programme de certification volontaire payé par tous les ingénieurs, qu’un programme qu’ils devraient vraisemblablement financer eux-mêmes, et qui serait élaboré par des fonctionnaires d’après les recommandations de la juge Charbonneau….L’autre avantage pour eux serait bien évidemment que l’œuvre de réhabilitation pourrait commencer tout de suite, au lieu de devoir attendre que la Commission finisse ses travaux. Bref, un plan gagnant-gagnant pour les patrons de ces firmes et pour l’OIQ.

L’assemblée s’annonce intéressante…