Les ingénieurs trop désabusés pour se rebiffer?

UNE COMMISSION QUI N’ARRIVE PLUS À AVANCER

Plusieurs signes montrent que la commission Charbonneau est désormais en bonne voie de s’embourber, dans le sens que, comme ce fut le cas pour la Commission Gomery au fédéral et pour la Commission Bastarache, les politiciens au sommet de la pyramide, leurs véritables éminences grises, ainsi que leurs financiers principaux, réussiront à éviter non seulement des sanctions réelles, mais même tout blâme public.

Encore une fois la véritable perdante sera la population générale qui, comme toujours, recevra la facture sous la forme d’augmentations d’impôts plus ou moins déguisées et de suppression de services publics et/ou de programmes sociaux, sous prétexte “qu’il n’y a plus d’argent dans les coffres de l’état”.

D’autres perdants? Oui, des personnages sans doute louches, mais tout à fait secondaires dont des maires, des lobbyistes des ligues mineures, des entrepreneurs de second plan, etc. Pour ce qui est des dirigeants des grandes firmes de génie-conseil, qu’ils soient ingénieurs ou non, et dont la plupart ont activement participé aux stratagèmes, ils en ont eu pour leur rhume au niveau de leur réputation, mais aucun d’entre eux n’a été obligé de rembourser des quelconques montants directement ou indirectement acquis immoralement, et souvent même illégalement. Même ceux qui ont été obligés de quitter leurs postes jouissent présentement de très confortables retraites.

C’est tout? Non, pas tout à fait. Il y a une catégorie toute entière, qui s’en sort très mal, les ingénieurs, et ce pour plusieurs raisons:

  • Puisqu’aucun organisme n’a pris leur défense, et que tous les autres groupes influents organisés que j’avais identifié il y a déjà environ d’un an, avaient tout intérêt à noyer le poisson, la distinction entre “les fautifs (ingénieurs et non)” et les ingénieurs en général n’a jamais été faite de façon claire dans l’esprit de la population.
  • Les prises de position officielles de l’OIQ, perçues comme possiblement motivées par les ambitions politiques de ses présidents et par l’appétit démesuré de revenus de sa direction, ont malheureusement contribué à cette tournure des évènements.
  • Tout comme la population générale, les ingénieurs ont été victimes eux aussi, dans leur immense majorité, des stratagèmes montés en grande partie par les politiciens, les lobbyistes et leurs financiers.

RÊVONS UN PEU

Supposons qu’une organisation sérieuse, démocratique et ayant réellement à cœur nos intérêts avait pris le leadership des dossiers qui nous tiennent réellement à cœur.

Non seulement les médias auraient rapporté des points de vue radicalement différents de ceux de l’establishment de l’époque de l’OIQ, mais de plus la prise de conscience qui a eu lieu dans le groupe de discussion “débats ingénieurs et scientifiques” aurait eu bien avant, créant un sentiment de solidarité qui aurait probablement pu changer le cours des évènements et limiter, voire même stopper complètement, les dommages à notre statut dans la société, ainsi que, par ricochet, à nos emplois et nos revenus.

Mais ce n’est pas le seul bénéfice qu’une telle organisation aurait pu apporter. Tout au cours de la crise, une telle association aurait pu fournir des services qui auraient atténué et contrôlé l’impact des gestes incontrôlés de la direction de l’OIQ. Par exemple:

  • Lors de l’imposition de la formation continue, l’association aurait pu monter un service d’échange de formation entre ingénieurs, à prix coutant ou presque, court-circuitant ainsi les différents partenaires  de l’OIQ offrant des cours au prix fort. Même si cette approche n’aurait peut être pas pu satisfaire tous le besoins on peut parier qu’elle aurait pu faire l’affaire de la plupart des ingénieurs qui ont décidé de ne pas renouveler les inscription à l’OIQ, en plus de permettre une variété de formations techniques certainement beaucoup plus large de ce qui est disponible dans les institutions traditionnelles. Dit entre parenthèses, des variantes de cette formule ont déjà été implantées avec succès dans plusieurs sociétés savantes, dont le PMI et l’IEEE.
  • Un service d’accompagnement par des spécialistes compétents pour les ingénieurs faisant l’objet d’une inspection ou d’une visite de syndic aurait pu éviter les cas les plus ahurissants d’abus des fonctionnaires, dont notamment celui de M. Yves Gilbert, et ce, tout en permettant d’identifier plus rapidement les vrais cas scandaleux de collusion, corruption et financement illégal de partis politiques, pour lesquels bien évidemment aucun accompagnement n’aurait été fourni.
  • Un service juridique permettant de couvrir les frais d’avocats pour contester le monopole de l’OIQ, ENCON et DPMM sur l’assurance professionnelle, le monopole sur l’assurance médicaments, ou même pour contester la legalité de la cotisation supplémentaire.

EST-IL TROP TARD?

Il est certainement tard, mais il n’est pas trop tard. Si nous commençons maintenant, notre profession sortira de l’impasse peu importe ce qui se passera à la commission Charbonneau. Par contre, il faut toujours se rappeler que non seulement personne ne se battra pour nous, mais que de plus certains confrères seront défaitistes préférant abandonner la profession, et une petite minorité s’opposera même à ce que nous ayons une véritable association, sous différents prétextes.

Laissons chanter tous nos opposants, relevons nos manches et créons une fois pour toutes l’organisation qui fera que nous serons respectés dans la société, et pour les bonnes raisons. Tous ingénieur qui croit au projet est le bienvenu pour communiquer avec moi au gindelicato@yahoo.ca .