Le nouveau président de l’OIQ est-il encore pire que l’ancien?

Le 17 mars 2014 Stéphane Bilodeau, a été élu président de l’Ordre des ingénieurs du Québec par le conseil d’administration, suite à la démission de Daniel Lebel.

Il y a lieu de remarquer que Stéphane Bilodeau était membre du comité exécutif et vice-président en titre de l’OIQ jusqu’à ce moment là, et donc, en tant que tel, responsable pour la situation actuelle de l’Ordre et de la profession. Conséquemment, il était et demeure toujours visé par la résolution 7 portant sur la destitution du comité exécutif et du directeur général actuel, André Rainville, qui devra être discutée lors de l’assemblée générale extraordinaire du 6 mai 2014.

Malgré cela, lorsqu’un nouveau président d’une quelconque organisation prend la relève, il est de bon ton de le laisser jouir d’une “lune de miel“, notamment pour lui donner une chance de prouver sa valeur ou, au moins, dans ce cas-ci, de poser des gestes de rupture avec la gestion peu reluisante de son prédécesseur. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai été silencieux sur ce site à son sujet au cours du dernier mois.

Plusieurs éléments font cependant qu’il est désormais grand temps de déclarer que la lune de miel est terminée:

  • Le 25 mars 2014, en entrevue chez Dutrizac sur 98.5 MHz, Stephane Bilodeau à partir de la minute 7:45, lui répond à la question si c’était vrai que les ingénieurs allaient destituer Daniel Lebel carrément : « non, non, non, absolument pas! » et « ce n’est pas le cas! ». À 8 :40 il réitère « qu’il n’était pas question de destitution du président, c’était pas le cas ». WOW! Est-ce qu’il se donne la peine de lire les documents issus de l’organisation dont il est président, et notamment le projet d’ordre du jour de l’assemblée extraordinaire du 6 mai, établi par le comité exécutif, dont il a fait partie toute l’année? Il est écrit en toute lettres au point 5.7: “Proposition d’un membre de l’Ordre visant notamment à demander au conseil d’administration de destituer le Comité exécutif et le directeur général
  • Le premier éditorial qu’il a rédigé, au delà d’être truffé de lapalissades, contient un élément extrêmement préoccupant. Voici l’extrait en cause (le souligné est le mien): ”Certains déplorent devoir payer une cotisation supplémentaire à cause d’une minorité d’ingénieurs qui ont eu des comportements problématiques. Cette minorité a entaché la réputation de TOUS les ingénieurs et c’est collectivement – en démontrant de la solidarité à l’égard de ceux et celles parmi nos confrères et consœurs qui sont victimes de cette situation– que nous pourrons redresser la situation. C’est aussi de cette manière que nous arriverons à revaloriser la profession et à garantir son avenir. D’ailleurs, la valeur de notre titre nous concerne tous et chacun. Il faut souligner que le système professionnel québécois ne donne pas d’autre choix à l’Ordre que de se donner les moyens de remplir sa mission principale de protection du public.”

J’ai relu le texte au moins trois fois: Stéphane Bilodeau dit ni plus ni moins que nous devrions démontrer de la solidarité vis-à-vis de la minorité qui a entaché notre réputation, et que cela justifie l’imposition de la cotisation supplémentaire….vraiment du grand n’importe quoi! Alors est-ce un lapsus révélateur ou s’est-il juste enfargé dans sa langue de bois? Au lecteur de juger, mais dans tous les cas ça ne parait pas bien, mais alors pas bien du tout!

  • La “cerise sur le gâteau“, si  on peut l’appeler ainsi, est cependant l’article de Sylvain Laroque dans La Presse d’aujourd’hui. Les déboires de Stéphane Bilodeau et son entreprise ont cessé d’être une une question privée à partir du moment où il est devenu président de l’Ordre. En acceptant le poste, il savait cela pertinemment et il l’a pris pareil, et ça on ne peut pas lui pardonner, car les perceptions de la population relativement à la profession toute entière ne peuvent qu’être affectées négativement par de telles nouvelles.

Par ailleurs, comme ingénieur, comme je me doute de milliers de mes collègues, je me pose la question à savoir comment Stephane Bilodeau a eu le front de faire la morale aux autres ingénieurs sur l’intégrité et la transparence, alors qu’il s’est lui-même carrément moqué du juge, qui, excédé, a écrit dans son jugement que “Le tribunal n’accorde aucune espèce de crédibilité à M. Bilodeau“.

Enfin, son affirmation à l’effet qu’il aurait le temps d’occuper le poste de président de son entreprise en même temps que du poste de président de l’Ordre des ingénieurs, est carrément pitoyable dans le contexte actuel.

Il faut que Stéphane Bilodeau démissionne du poste prestigieux auquel il a eu accès par accident avant qu’il ne fasse d’autres dégâts!