Le ”match de la revanche” ?

L’assemblée générale extraordinaire de l’Ordre des ingénieurs du 6 mai 2014 est désormais derrière nous. Les résultats du vote ne laissent pas marge à interprétation: les 1830 membres présents se sont prononcés pour un changement de culture, davantage d’efficacité au niveau financier et de meilleurs résultats en matière disciplinaire. Ils ont aussi clairement indiqué qu’ils ne font pas du tout confiance à l’équipe en place pour atteindre ces objectifs.

Dans ce contexte, j’ai sursauté lorsque j’ai lu la phrase suivante dans l’article intitulé “Order of Engineers to study resolutions, but not obliged to follow them” paru dans la Gazette au lendemain de l’assemblée générale: “Tremblay said she hopes the “silent majority” will show up to the next regularly scheduled general assembly on June 12 to support the board of directors in its attempt to restore public trust in the profession”

En d’autres mots, je comprends que tout ce qu’Isabelle Tremblay, actuelle vice-présidente en titre de l’OIQ (visée par la résolution 7 adoptée à l’AGE à l’effet de demander au CA de la destituer de son poste), a retenu du cris du cœur des membres est que l’assemblée générale annuelle (AGA) du 12 juin 2014 constituera une sorte de “match de la revanche” pour l’establishment actuel, et ce, grâce à la présence d’une improbable “majorité silencieuse” qui manifestement n’était pas là lors de l’AGE du 6 mai!

Je comprends aussi qu’elle sous-entend que les membres présents à l’AGE qui ont voté en faveur des sept (7) résolutions, ne donneraient pas d’importance à la nécessité de restaurer la confiance du public dans la profession, ou du moins qu’ils n’en donneraient pas autant que le conseil d’administration actuel.

La journaliste de La Gazette aurait-elle mal interprété les propos de Mme Tremblay ?

J’ai mes doutes. En effet, au delà des propos qu’elle tient, Mme Tremblay s’exprime de façon assez articulée, comme le démontre le fait que le jour même, en réponse à ce que j’avais dit en entrevue avec Jacques Beauchemin sur Radio Canada, elle a présenté très clairement le point de vue de l’establishment de l’OIQ.

En tout cas, que mon interprétation soit correcte ou non, les déclarations de Mme Tremblay ont quand même un effet positif: le plus elle parle le plus elle unit la profession…contre l’establishment!

C’est probablement pour cette raison, et vraisemblablement suite aux conseils d’experts en relations publiques, que son ton a changé le 8 mai 2014: Dans l’article dans La Presse de Sylvain Laroque non seulement elle annonce qu’elle ne se présentera pas à la présidence de l’OIQ le 12 juin (tout en gardant un flou artistique sur sa volonté de rester dans le comité exécutif), mais. de plus, elle laisse entendre que ¨le conseil d’administration allait tenter d’en arriver à un compromis pour répondre aux « préoccupations » des membres. « On va certainement trouver le juste milieu », a-t-elle dit¨.

Tiens, tiens, leur plan B semble être exactement celui que j’avais identifié plusieurs jours avant l’assemblée générale: faire semblant de lâcher du lest. Le problème est qu’une telle stratégie aurait probablement pu fonctionner avant, et peut-être même pendant, l’assemblée, mais aujourd’hui, après l’adoption des sept (7) résolutions c’est clairement ”trop peu, trop tard”.

Ce sera au nouveau conseil d’administration, au tout nouveau comité exécutif, et au tout nouveau directeur général, qui seront en place après le 12 juin 2014, de trouver des solutions pertinentes et efficaces à cette crise sans précédent de la profession.