La chasse au junior est ouverte!

Historiquement trouver un parrain a toujours été un cauchemar pour les juniors. Pour un ingénieur de plein exercice en plein essor dans sa carrière être parrain représente du temps, ainsi qu’une certaine responsabilité. Si de plus son parrainé est aussi son subordonné au travail, cela risque d’affecter la relation patron/subordonné. Bref, le parrainage constitue une activité enrichissante pour le parrain, mais le faire à titre purement bénévole, surtout lorsque le membre parrainé n’est pas un membre immédiat de son entourage, requiert un certain esprit missionnaire, que certains ont, mais pas tout le monde, et c’est normal.

Maintenant que l’OIQ a annoncé que les activités de parrainage seront reconnues comme  des activités de formation continue autant pour le parrain que pour le parrainé (voir le 12eme commentaire, celui de l’OIQ), je prévois un retournement des tables entre les parrainés et les parrains: L’économie de coûts de formation continue qu’un ingénieur de plein exercice peut faire en devenant parrain est considérable!

Faisons maintenant quelques petits calculs de nature démographique: À la fin de l’année fiscale 2013, il y avait environ 43700 ingénieurs de plein exercice, dont environ 36000 en activité (pas retraités) au Québec, pour environ 14200 juniors et stagiaires, dont environ 13700 au Québec. Sur ces 36000 séniors, on peut supposer qu’environ 40% ont leur formation continue fournie par leur employeur, ce qui fait qu’il reste environ 21600 séniors vraiment motivés à devenir parrains.

En formulant l’hypothèse que 75% des juniors veulent un mentor, on a un ratio d’environ deux séniors par junior! Si après l’on considère que de nombreux séniors n’ont pas de juniors dans leur entourage, que certains séniors parrainent plus qu’un junior, que certains retraités parrainent de juniors, et que certains ingenieurs qui atteignent déjà leur quota d’heures pour la formation continue pourraient vouloir parrainer des juniors quand même, on s’aperçoit qu‘il n’y a pas assez de juniors à parrainer! Plusieurs séniors pourraient donc rester le bec à l’eau et devoir prendre des formations chères à la place….

CONCLUSION

a) Reconnaitre les activités de parrainage est un geste positif: Les juniors ne devraient plus avoir aucun problème à trouver des parrains. Mieux vaut tard que jamais.

b) Comme toujours, le diable est dans les détails. Avant de dédouaner l’OIQ sur cette question, il faut savoir exactement quelles seront les règles, et celles-ci, pour l’instant, ne sont pas encore définies.

c) Le règlement sur la formation continue, et encore plus la logistique associée (offre sur le marché de cours à prix abordables), ont besoin encore de beaucoup de travail avant de pouvoir être considérés acceptables par l’ensemble des ingénieurs.

d) Il est pour le moins suspect que cette annonce a été faite peu de temps après le coup de matraque sur la tête des ingénieurs constitué par la cotisation supplémentaire de 90 $.

e) La situation financière catastrophique, la vague de démissions, la fronde au conseil d’administration et la pression exercée par ce site et par les ingénieurs intervenant dans les médias sociaux commencent à se faire sentir.

Une chose est certaine: Le président de l’Ordre, M. Daniel Lebel, ing. ainsi que les éminences grises qui lui disent quoi dire et quoi faire, ont été rattrapés par la réalité. M.Lebel peut bien trouver ” «épouvantable» qu’un ingénieur en vienne à perdre son titre pour «une petite formation de 30 heures»., il a tout intérêt à faire du rétropédalage sur d’autres questions aussi, comme le règlement sur l’assurance responsabilité professionnelle et l’assurance médicaments pendant les quelques mois qui lui restent dans son mandat, faute de quoi il passera à l’histoire comme le pire président  de l’Ordre des ingénieurs du Québec!