La censure, dernier refuge

Le plus l’on s’approche de la date fatidique du 6 mai, le plus ceux qui contrôlent présentement l’OIQ paniquent: Jean-Francois Proulx, instigateur principal du GROLO, le collectif qui a initié le démarches pour demander l’assemblée extraordinaire, vient de recevoir une mise en demeure des avocats de l’OIQ.

N’étant pas avocat, je ne souhaite pas discuter du bienfondé juridique de la mise en demeure.  Par contre, je constate que l’argent de tous les ingénieurs, dont la finalité selon la loi devrait être la protection du public, est encore une fois utilisé pour des fins autres; en l’occurrence, encore une fois, pour bâillonner quelqu’un qui critique l’establishment de l’OIQ, comme ça a été le cas pour François Granger, qui, malgré le fait d’avoir été élu premier en 2011 avec plus de 1000 voix de majorité, n’a pas pu siéger au conseil d’administration de l’Ordre au cours de trois dernières années à cause de la guérilla juridique dont il a fait l’objet.

Et pourtant, avec ce qui est sorti dans les médias au cours des cinq dernières années et avec ce que nous entendons à la Commission Charbonneau tous les jours, les dossiers relatifs à la protection du public ne manquent pas ce jours-ci: À part d’annoncer un nombre époustouflant d’enquêtes, les résultats concrets en ce qui a trait à la condamnation et à la radiation d’ingénieurs coupables de collusion, corruption ou donations illégales à des partis politiques sont pratiquement inexistants.

En fait, d’après le graphique relatif à la nature des enquêtes (on ne sait pas s’il s’agit d’enquêtes ouvertes ou traitées) produit par l’Ordre lui même, on observe que:

  • 2009-2010 Aucune enquête pour collusion/corruption, nombre infime pour financement illégal de partis politiques.
  • 2010-2011 Aucune enquête pour collusion/corruption, environ 35% pour financement illégal de  partis politiques.
  • 2011-2012 Aucune enquête pour collusion/corruption, environ 30% pour financement illégal de partis politiques.
  • 2012-2013 Environ 10 % pour collusion/corruption, environ 35% pour financement illégal de    partis politiques.
  • 2013-2014 Environ 20 % pour collusion/corruption, environ 35% pour financement illégal de    partis politiques.

On peut déduire de ces chiffres que:

  • Malgré tous les scandales qui ont précédé la mise sur pied de la commission Charbonneau, L’OIQ n’a véritablement commencé à faire des enquêtes pour les cas de financement illégal qu’en 2010, et pour les cas de collusion/corruption qu’en 2012.
  • Toutes ces enquêtes, sauf celle qui concerne le cas de M. Balliana, sont soit encore ouvertes, soit fermées sans sanction aucune.

Pas très reluisant comme bilan, n’est pas? Comme si cela ne suffisait pas il y a des enquêtes se sont terminées d’une drôle de façon, et des présidents qui se sont faits remarquer, mais pas  pour les bonnes raisons.

Par conséquent, et, au delà de toute considération éthique à l’égard de l’utilisation des fonds de l’organisation, ce que  les personnes en autorité à l’OIQ viennent de faire à l’égard d’un membre mécontent, mais articulé et intègre, apparait comme un geste désespéré de gens qui espèrent pouvoir cacher leurs échecs par l’intimidation.

Je leur fais remarquer, sans jeu de mots, que le génie est déjà sorti de la bouteille, et que tout ce qu’ils peuvent obtenir en agissant de la sorte est de nuire encore davantage à leur propre image vis-à-vis des ingénieurs et du public.