Élections OIQ: Kathy Baig devrait retirer sa candidature à la présidence

Kathy Baig, candidate à la présidence et présentement vice-présidente en titre de l’Ordre des ingénieurs du Québec a affiché dans Linkedin le matin du 5 avril 2016, un message de promotion de son site Web ainsi formulé :

Kathy Baig 1aDans le contexte de toutes les controverses qui entourent ces élections, et notamment le fait que les nouvelles règles électorales, qui ne permettaient pas l’utilisation de sites Web par les candidats, ont été changées après l’ouverture de la campagne électorale, je me suis permis d’écrire  le commentaire qui suit en réponse à son intervention:

Kathy Baig 2aPour consulter les documents en question, voici les liens :

http://www.oiq.qc.ca/Documents/SECR/elections/Directive_campagne_elections.pdf

Le 31 mars au soir LES RÈGLES ONT ÉTÉ CHANGÉES et l’information a été diffusée le lendemain 1er avril dans la journée. Voir la notice en haut de la page :

http://www.oiq.qc.ca/fr/jeSuis/membre/elections/Pages/Candidatspresidence2016.aspx

Pour ce qui est de la Foire au questions, le lien est:

http://www.oiq.qc.ca/fr/jeSuis/membre/elections/Pages/FAQ.aspx

(la question pertinente est celle qui commence par ”Est-ce qu’un blog personnel ou un site web personnel ou corporatif sont considérés comme des média grand public.(…), qui n’est plus la quatrième mais la sixième, puisque deux nouvelles questions ont été ajoutées au début depuis.)

La réponse de Mme Baig

Sa réponse a été on ne peut plus sibylline :Kathy Baig 3En fait, la première phrase et la dernière phrase contenaient, pour les initiés qui savent quoi chercher, un peu d’information utile, information qui ouvrait d’ailleurs la porte à une autre question, à savoir qui au juste lui aurait donné raison.

Par contre, pour ce qui est de la phrase du milieu, j’ignore si Madame Baig a fait appel à un expert en relations publiques pour rédiger sa réponse ou si elle est naturellement douée, mais c’est un magnifique exemple de langue de bois. Dit entre parenthèses, et bien que l’information soit facilement disponible, personne ne m’a jamais transmis les coordonnées de la secrétaire des élections.

La réplique en complémentaire

Suite à la réponse pour le moins incomplète de Madame Baig, je suis revenu à la charge.

Kathy Baig 4Malgré les apparences, ma proposition à l’effet de mettre son site hors ligne pendant le temps que les autres candidats puissent raisonnablement créer le leur, était très correcte : en particulier, Je ne demandais pas à la secrétaire, Louise Jolicoeur, de la sanctionner (comme elle aurait pu et probablement dû), je ne lui demandais pas de s’excuser et je ne remettais pas en question le fait accompli pour ce qui avait trait au début de la campagne.

En fait, je ne lui demandais que de renoncer à son avantage indu à partir de ce moment là, et ce, en m’appelant à son sens de la justice et de la repartie, qualités fondamentales pour quelqu’un qui souhaite accéder au poste de president de l’OIQ.

La fuite

Peine perdue…

le soir du 5 avril 2016, juste quelques heures après avoir mis en ligne son message sur Linkedin, Madame Baig l’a retiré.

Était-ce parce que elle ne souhaitait pas être entrainée dans un débat au bout duquel elle n’aurait eu que deux choix, les deux étant peu intéressants à ses yeux ? Les choix en question étaient bien évidemment :

  • mettre son site hors ligne pendant le temps que les autres candidats créent le leur

ou

  • admettre implicitement qu’elle veut profiter d’un avantage indu.

Conséquence

Bien sûr, en enlevant son billet sur Linkedin Mme Baig a perdu un peu de visibilité, mais il en demeure pas moins qu’aujourd’hui, 6 avril 2016 à 23 heures, son site demeure toujours en ligne.

Ceci lui permet de garder non seulement de la visibilité auprès de ingénieurs, mais aussi des non-ingénieurs, comme le démontre le fait que la majorité des personnes qui avaient indiqué qu’elles aimaient son billet ne figurent pas au tableau de l’Ordre. Or, la raison qui avait été initialement avancée pour baillonner les candidats et les forcer à faire leur campagne via les outils de communications de l’Ordre était justement d’éviter que les débats entre candidats soient étalés sur la place publique. Il me semble que c’est raté, mais je doute que qui ce soit à l’Ordre s’en inquiète puisque cet argument avait tout l’air d’être un prétexte spécieux…

Le site Web lui-même

Puisque nous sommes déjà dans le sujet, ce billet ne serait pas complet sans une courte analyse du site Web en question. Voici ce que Madame Baig affirme dans la page où elle parle de son programme :

KathyBaig_web-pageContre-vérité

Au delà des opinions, sur lesquelles je reviendrai éventuellement dans un autre billet, il y a une contre-vérité majeure dans ce texte :

Madame Baig ne peut pas avoir aboli la hausse de cotisation de $ 100 !

C’est absolument impossible. En effet, les modifications à la cotisation des trois dernières années sont :

  • la hausse de $ 100 proposée par le conseil lors de l’assemblée générale de 2013 qui a eu lieu à Levis. Or, cette hausse fut rejetée par les membres. De plus, elle n’a intégrée le conseil qu’à la fin de cette assemblée et ne pouvait donc jouer un quelconque rôle décisionnel avant.  Il n’en demeure pas moins que lors de cette assemblée elle était présente et je ne me rappelle pas l’avoir entendue prendre la parole pour s’opposer à la hausse..,.
  • la cotisation supplémentaire de 90 $ (et non pas une hausse de 100$) imposée par l’Ordre aux membres le 12 décembre 2013. En fait, il faut comprendre qu’elle était au conseil à ce moment là et à ce que je sache, elle n’a jamais pris ses distances par rapport à cette honteuse décision bafouant la volonté des membres,
  • la hausse de cotisation de 95 $ (et non pas de 100$) proposée lors de l’assemblée de 2014. Celle-ci aussi a été rejetée par les membres, alors que le conseil d’administration, dont elle faisait partie à l’époque, voulait l’implanter, car sinon elle ne l’aurait pas proposée. Encore là, je ne me rappelle pas l’avoir entendue prendre ses distances par rapport à cette proposition.
  •  la hausse de cotisation de 15 $ (et non pas de 100$) proposée lors de l’assemblée de 2015 fut effectivement présentée par elle, en tant cette fois-ci de présidente du comité des finances, et la résolution passa sans problème.

Une considération additionnelle est que même si son affirmation avait été vraie, chose qu’elle n’est pas, dans un conseil de vingt-quatre (24) administrateurs elle n’aurait jamais pu prendre une telle décision toute seule, comme elle semble sous-entendre.

Enfin, il a aussi lieu de remarquer que l’article 1.4  du code de bonne conduite des candidats spécifie clairement : ”Un candidat ne peut donner un renseignement faux ou inexact, ni faire de fausses représentations”.

Conclusion

Il est toujours difficile de critiquer une consœur ou un confrère, et dans ce cas-ci ça l’est encore plus, puisque Kathy Baig a une personnalité sympathique et attachante. Cependant,  désormais le mal est fait, et l’impression Kathy Baig veut le pouvoir (ainsi que le salaire de 207,000 $ qui va avec) coûte que coûte, demeurera tout au long de cette campagne et sans doute même après. Surtout dans la situation actuelle, le risque reputationnel pour la profession et aussi pour elle est énorme. Dans ces conditions, il me semble que si la secrétaire, Me Louise Jolicoeur, l’encourageait discrètement mais fermement à retirer sa candidature, elle rendrait service à toute la profession, ainsi qu’à elle personnellement.

Cette situation est aussi extrêmement dangereuse pour la secrétaire, puisque le soupçon qu’elle ait pris la responsabilité d’annoncer des entorses majeures aux règles afin d’éviter de la sanctionner et donc la favorisant objectivement, doit traverser l’esprit des autres candidats ainsi que de beaucoup d’électeurs.

Enfin ce qui est malheureux est que la seule femme et la seule personne jeune qui se présente à la présidence n’ait pas, du moins pour l’instant, la maturité requise pour devenir effectivement présidente. Par contre, la bonne nouvelle est qu’il y a plusieurs autres femmes très qualifiées déjà au conseil, ou qui se présentent aujourd’hui aux postes d’administrateur, qui seront dans la position de se présenter à la présidence d’ici deux ans,