Du mépris à l’état pur

L’Ordre vient d’annoncer l’imposition d’une cotisation supplémentaire de 90 $ pour l’année 2014-2015, sous prétexte qu’il lui faut davantage d’argent pour les enquêtes et l‘inspection professionnelle. Noble intentions, qui cachent néanmoins un mépris sans bornes pour les membres.

Rappelons la suite des évènements: Lors de l’assemblée du 12 juin 2013 à Levis les membres se sont prononcés de façon très claire contre une augmentation de la cotisation. Est-ce qu’ils étaient contre à ce que l’OIQ accomplisse sa mission véritable? Non, pas du tout, l’un des messages qui est ressorti a été que l’Ordre devait rationaliser ses opérations et élaguer toutes les activités qui n’avaient pas un lien direct avec la mission pour libérer les fonds requis pour les véritables activités de protection du public.

Or, l’OIQ, ou mieux ses administrateurs et dirigeants, a choisi d‘ignorer ce message dès le début. C’était manifeste qu’il n’avaient pas la moindre intention de recentrer l’organisation sur sa mission, renoncer à leurs folies de grandeur et vivre enfin à l’interieur de leurs moyens. Dans mon billet du 17 juin 2013, cinq jours après l’assemblée générale, j’entrevoyais déjà les scénarios possibles:

  • Convoquer d’ici deux ou trois mois une assemblée générale spéciale pour augmenter la cotisation d’un montant peut être légèrement inférieur (70$ ou 80$) en prétextant encore une fois l’urgence de la situation. Bien évidemment, ils n’hésiteront pas à dépenser des fortunes en publicité pour essayer de nous convaincre, avec notre argent, du bien-fondé de leur demande.
  • Essayer d’utiliser l’article 85.1 du Code des professions pour imposer une augmentation sans tenir de vote. Les procédures légales ne sont pas évidentes à mettre en place d’autant plus que cela requiert une certaine collaboration de l’Office des professions, mais ça a l’avantage pour eux d’être certains d’éviter la possibilité d’une autre défaite publique.
  • Introduire des permis sectoriels additionnels, en sus du permis de pratique régulier, comme un permis pour exercer en pratique privée, comme en Ontario. L’inconvénient d’une telle approche est que cela demande la préparation et l’approbation par l’Office d’un règlement, ce qui peut difficilement se faire en moins de deux ans. De plus, l’AICQ, qui a un fort pouvoir de lobbying en la matière, serait presque certainement contre.

J’avais vu juste. Ils ont choisi le deuxième scénario, le moins risqué. Ils n’ont même pas eu le courage de regarder les membres dans les yeux dans le cadre d’une assemblée générale spéciale!

Et maintenant?

Il n’y a pas de doute que ce dernier geste est de nature à motiver ceux qui voulaient quitter l’Ordre à le faire dès l’année prochaine. Ils finiront aussi par avoir raison de toutes les personnes modérées qui voulaient avoir une attitude constructive pour redonner de la pertinence à cette organisation quasi-centenaire.

Merci pour ce magnifique cadeau de Noël!