Des motivations que l’on peut deviner…

Présentement le conseil d’administration dans son ensemble n’a nullement le contrôle du dossier du règlement sur l’assurance responsabilité professionnelle et du dossier du projet de règlement sur la pratique en société. Ce sont plutôt certains permanents ainsi que certains administrateurs qui siègent sur des comités choisis qui l’ont.

En effet, lors de la présentation aux membres du 5 février 2015, l’administrateur qui faisait partie du panel a clairement affirmé que ces dossiers ne sont pas encore parvenus au conseil. Lors de cette même présentation, un permanent a confirmé que le dossier est piloté par un ”comité de travail’‘ qui ne comporte aucun administrateur. Il n’est d’ailleurs même pas clair si dans ce fameux “comité de travail” il y aurait ou non des ingénieurs!

Cette situation lamentable fait que dix (10) mois après l’assemblée spéciale du 6 mai 2014, où les ingénieurs ont voté à grande majorité d’abroger le règlement sur l’assurance professionnelle, la question n’a même pas encore été discutée au conseil.

Par conséquent, ce qui était jusqu’au aujourd’hui un soupçon raisonnable est désormais une certitude: la stratégie de ceux qui ne veulent pas que le présent système change est de retarder le plus possible le moment où le CA sera saisi du dossier, et ce, afin de pouvoir cadenasser entre temps le statu quo avec un nouveau règlement sur la pratique en société. De plus, si vote  devait il y avoir un jour, ils essayent de faire de façon à ce qu’il y ait le plus de recommandations et de mises en garde d’avocats, de soi-disant ”experts’‘ et d’autorités supérieures contre tout changement au statu quo, de façon à mettre autant de pression psychologique que possible sur les administrateurs le plus impressionnables .

LA TECHNIQUE DILATOIRE

La technique dilatoire mise en place afin de retarder le vote au conseil sur la question de l’assurance responsabilité professionnelle semble consister en la multiplication des comités (comité ad hoc, comité de gouvernance, comité exécutif, etc.) devant se prononcer, non pas de façon concurrente, mais les uns après les autres, sur les avantages et les inconvénients de toutes sortes de modifications hypothétiques au règlement, et ce, avant que le dossier ne puisse être présenté au conseil pour décision. Ces comités semblent aussi avoir été noyautés par des individus aux allégeances sures, ne reflétant nullement l’éventail d’opinions au sein du conseil, et encore moins l’opinion des membres. Enfin, afin de ne prendre aucune chance :

  • chaque étape est étirée pendant plusieurs mois.
  • plusieurs  embuches soient jetées dans le chemin, non seulement afin de retarder la décision, mais aussi dans le dessein d’arriver à une recommandation défavorable sur l’abrogation du règlement de la part du comité en question.

Il ne faut pas oublier non plus que même si un jour le conseil devait voter favorablement à l’abrogation du règlement, encore faudrait-il que l’Office de professions donne son accord, ce qui est loin d’être évident. Même en cas de réponse favorable, l’office pourrait prendre plusieurs mois avant d’approuver la demande.

Bref, certaines personnes semblent avoir artificiellement introduit un véritable parcours du combattant autant tarabiscoté que kafkaïen, pour que toute velléité de modification du règlement sur l’assurance-responsabilité soit retardée à après l’adoption du règlement sur la pratique en société; ou encore mieux (pour eux) carrément tuée dans l’œuf.

LES MOTIVATIONS DES INTERVENANTS

Pour pouvoir combattre cette technique dilatoire franchement ignoble, il faut aussi comprendre ce qui motive les différents intervenants :

a) Pour ENCON et DPMM la motivation est claire: ils ont des millions de dollars de primes garanties en jeu, sur lesquelles ils font un profit considérable grâce au fait qu’ils n’ont pas à faire d’effort pour garder la clientèle.

b) Pour les permanents de l’Ordre en charge du dossier, on pourrait penser que la motivation est principalement de ne pas avoir à admettre d’avoir pondu un règlement injuste et inadapté. Par ailleurs, le système actuel génère des revenus pour l’organisation (redevances, publicité, contribution au fond de stabilisation,etc. ) dont ils peuvent assumer la paternité, ainsi que possiblement la gestion selon leurs priorités à eux. Est-ce qu’ils auraient d’autres motivations ? Il est impossible de le savoir à cette étape-ci mais une telle insistance de la part d’employés, même cadres, est définitivement anormale et inacceptable.

c) Pour les administrateurs élus et non-élus qui bloquent on pourrait penser que le facteur motivant principal serait de défendre leur bilan passé, du temps où ils étaient majoritaires, mais cela n’explique pas tout. Après tout les procès-verbaux des séances passées du CA n’ont pas été rendues publiques, et de la façon dont cet autre dossier avance (à pas de tortue…) je doute fort que leur comportement personnel sera jamais exposé publiquement. Non, il doit il y avoir une autre explication, dont par exemple, les généreux jetons de présence et les dépenses somptuaires payées à ces administrateurs pour participer à des réunions qui, comme par hasard, n’accouchent jamais d’aucune décision, d’autant plus que cette question ne les affecte pas personnellement !

CONCLUSION

Bien évidemment tout cela est d’une arrogance inouïe, car des personnes manifestement peu soucieuses de la profession, dont des détenteurs du titre d’ingénieur mais aussi des non-ingénieurs, bloquent une résolution démocratiquement adoptée à grande majorité par les membres il y a quasiment un an.

Cependant, ce qui est encore plus scandaleux est que ces personnes agissent aussi contre la mission de l’Ordre, la protection du public. En effet, les ingénieurs ne sont pas dupes: le plus cette situation perdure le plus une autre vague de démissions est à prévoir, avec une autre crise financière à la clé, pour laquelle la réaction sera vraisemblablement d’imposer une augmentation des frais directs et indirects chargés aux membres qui resteront, ce qui engendrera une autre vague de départs, et ainsi de suite.