Autoformation

État de la question

J’ai passé au moins 50 % de ma carrière à participer à des projets de R&D, principalement dans des PME avec peu de moyens et beaucoup de créativité, dans un contexte de feu sacré où le désir de parfaire mes connaissances était un processus pleinement intégré avec mon travail.

Alors, pourquoi continuer à défavoriser ceux qui font de la R&D en regard du règlement modifié sur la formation continue, l’article 5.8 demeurant le même, à savoir : « la participation à des projets de recherche et à des activités d’autoapprentissage (maximum de 5 heures par période de référence) ».

Ceci est paradoxal dans la mesure où la participation à des projets de recherche et à des activités d’auto-apprentissage constitue un élément majeur de la profession d’ingénieur, à savoir concevoir de nouveaux produits par un avancement technologique.

Il est de l’essence même du génie de faire de la recherche. L’un des moyens les plus efficaces est l’auto-apprentissage par des recherches sur internet et la lecture de livres spécialisés.

Pourquoi cette limite arbitraire de 5 heures alors que l’on sait pertinemment qu’un ingénieur impliqué en R&D peut consacrer plusieurs centaines d’heures par année à des projets de recherche et à des activités d’auto-apprentissage, pour justement augmenter ses connaissances dans un domaine où il doit absolument exceller (question de survie) pour s’assurer de la pérennité de ses activités.

De plus, la participation à des projets de recherche et à des activités d’auto-apprentissage n’entraine aucun coût supplémentaire pour l’ingénieur, car cette participation et ses coûts afférents s’harmonisent intégralement avec son travail. C’est la situation idéale pour un ingénieur.

Je ne comprends pas une telle approche limitative. Si l’OIQ veut être inclusif, on doit permettre que la formation puisse se décliner sous le plus vaste éventail possible. On doit faire le maximum pour que les nouveaux diplômés en génie ne se rebutent par une barrière à l’entrée causée par des exigences arbitraires qui sont très souvent dépassées et coûteuses, surtout dans le contexte bien réel de l’université gratuite sur le web.

Quelle est la différence entre une bonne lecture de chevet d’un livre technique et une formation où simplement la présence de corps et le paiement des frais exorbitants sont exigés. La lecture de chevet (et la motivation sous-jacente) a bien plus de chances de faire un bout de chemin dans notre principal actif, notre cerveau.

Je suggère donc que la participation à des projets de recherche et à des activités d’auto-apprentissage ne soit pas limitée pour établir le compte d’heures nécessaires par le règlement sur la formation continue.

Proposition

ATTENDU QUE l’autoformation est aussi valable pour l’amélioration des connaissances de l’ingénieur que la participation à des formations très souvent dispendieuses.

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE demande au conseil d’administration de retirer la limite arbitraire de 5 heures pour l’autoformation en regard du règlement sur la formation continue.

Proposé par: Yves Chartier, ing.