Comparatif 2005-2012

J’ai effectué un comparatif des dépenses de l’OIQ en 2012 par rapport à celles de 2005, ainsi qu’une analyse de la croissance des postes budgétaires au cours de la même période. Voici les éléments saillants de cette analyse:

  • Le montant des dépenses a pratiquement doublé. Même en tenant compte de l’inflation, et même en supposant qu’il ne serait pas possible de réaliser des économies d’échelle au fur et à mesure que le nombre de membres augmente, ce dont on peut légitimement douter, l’OIQ est manifestement 55% moins efficace qu’il y a huit ans.
  • D’où viennent les inefficacités? D’un peu partout, car, sauf le budget du magazine PLAN, la surveillance de la pratique illégale et les sections régionales (aujourd’hui abolies) tous les budgets d’importance ont monté considérablement.
  • Trois nouveau postes de dépenses ont été introduits depuis 2005 : La promotion de la profession, la campagne de valorisation de la profession et le colloque annuel. Ces trois postes, plus le poste de communications et affaires publiques auquel ils sont fortement apparentés, représentent environ 4 millions de dollars, soit 17,5% des dépenses totales. Les dépenses pour montrer au public et aux ingénieurs que l’Ordre sert à quelque chose ont donc quadruplé en huit ans ! Il y a lieu de se questionner sur la pertinence de dépenser de l’argent pour dire ce que l’on fait plutôt que pour faire…
  • À 5.5 M$ et 24% des dépenses totales, le poste le plus important est sans contredit la non–mieux définie « administration-finances » devenu ensuite « services administratifs », qui lui aussi a plus que doublé. On se demande bien pourquoi, puisqu’on nous a imposé des augmentations de cotisation au cours des années antérieures en prétextant qu’il fallait moderniser les outils informatiques pour améliorer l’efficacité. Cependant, même en ignorant ce dernier élément et même en tenant compte de l’inflation et de l’accroissement du nombre de membres, l’augmentation de ces dépenses n’a absolument aucun sens.
  • Les coûts patronaux  (conseil d’administration, présidence et direction générale) ne sont pas en reste. Ces coûts, qui tournent autour de 2.6 M$ et 11 % du budget, sont du même ordre que les dépenses du bureau du syndic et de l’inspection professionnelle, soit les deux composantes  principales de la protection du public! Par ailleurs, il faut comprendre que la plupart des enquêtes du syndic n’ont pas porté sur la collusion et la corruption et que l’inspection professionnelle ne devrait pas constituer la première priorité, puisque les problèmes observés à la Commission Charbonneau avaient bien plus trait aux pratiques d’affaires qu’à la compétence technique!
  • Les dépenses du bureau du syndic sont restées pratiquement constantes en pourcentage (9.8% en 2005, 11% en 2012) . En considérant que l’on nous raconte depuis des années que l’OIQ a besoin de plus d’argent pour enquêter sur la collusion et la corruption, le chiffres montrent pas que dans la pratique le bureau du syndic ne représente pas autant une priorité que l’on veut nous faire croire. Alors que peut-on en déduire? Moi j’en déduis que on se sert de cet argument comme excuse pour augmenter la cotisation à répétition, de façon à pouvoir augmenter aussi tous les autres budgets, qui eux, représentent environ 90% des dépenses. Par ailleurs, il faut aussi garder à l’esprit que juste une minorité des enquêtes du syndic ont trait à la collusion et à la corruption, ce qui fait l’on se sert de 2% ou peut être 3% des dépenses globales pour justifier des budgets énormes et une augmentation de presque 20%!

Et l’intérêt du public et l’intérêt de la profession dans tout ça?