Démantelement des régionales

Le président de l’OIQ, vous a récemment fait parvenir un courriel intitulé “Création de 11 Comités régionaux : l’Ordre se rapproche de vous“. Le texte du courriel est un chef d’œuvre: je félicite le service des communications de l’OIQ pour avoir pondu un si beau texte qui transmet un message aux membres qui veut dire exactement le contraire de ce que la décision implique. Chapeau. Décortiquons :

1) Comment l’Ordre se rapprocherait-il de ses membres en ÉLIMINANT les conseils d’administration ÉLUS LOCALEMENT par les membres ? Au début on a de la difficulté à comprendre, mais le plus on lit le texte avec un esprit critique, le plus l’on voit où cela s’en va: En particulier, la phrase « Dans chacune des régions, les membres bénévoles du Comité régional se verront confier un mandat d’importance pour la planification stratégique 2010-2015 » est très révélatrice de la véritable intention des gros bonnets de l’OIQ. Ils trouvent que les bénévoles élus agissent de façon trop indépendante à leur gout, et ils ont donc élaboré une nouvelle structure, bien plus centralisée, pour leur permettre d’imposer aux bénévoles quoi dire et quoi faire. En d’autre mots, les comités régionaux deviendraient la courroie de transmission du siège social en région.

2) Une autre phrase qui vend la mèche est celle où l’on mentionne la création de
« une nouvelle équipe de l’Ordre formée d’une coordonnatrice aux régions et d’agents régionaux ». En d’autre mots, les montants dédiés aux sections régionales, dont les subsides de plus de 200,000 $ par année, plus les frais de fonctionnement de quelques centaines de milliers de dollars annuellement, ainsi que l’encaisse, qui est présentement d’environ 250,000 $, sont réquisitionnés par le siège social afin qu’il puisse les dépenser à sa guise, notamment en créant davantage de bureaucratie. Visiblement 150 employés à l’Ordre, ce n’est pas assez!

Au cours des dernières années les section régionales ont fonctionné, toute proportion gardée, à relativement peu de frais, ont fait peu de vagues et ont rempli les besoins de réseautage locaux somme toute assez bien. Alors, on peut être d’accord ou non avec la volonté extrêmement centralisatrice du siège social, mais je ne peux pas croire que les gros bonnets de l’OIQ aient mis la priorité sur cela, alors que la réputation de tous les ingénieurs est attaquée de toute part, suite aux révélations à la Commission Charbonneau.

Cela me fait penser à quelqu’un qui cherche désespérément la télécommande de la télévision, alors que sa maison est en feu et qu’il est trop concentré pour entendre l’alarme incendie!